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Pour donner l’exemple et mettre fin aux rumeurs malveillantes, Ould Abbès a mangé de la viande indienne. Ould
Abbès va bien.
La viande indienne, un peu moins !
Ah ! Enfin ! Depuis le temps que nous attendions tous avec une impatience impatiente sa création et sa mise en
fonction officielle.
C’est fait !
L’instrument gouvernemental de lutte contre la corruption est né !
En même temps, et même si je suis vachement content de cette naissance, je remarque un truc curieux.
Cet organisme est présenté dans les dépêches avec, à chaque fois, un nom différent.
Un coup, on nous dit qu’il s’agit d’un Office central de répression de la corruption.
Un autre coup, on nous explique qu’il s’agit d’un commissariat chargé de traquer la corruption.
D’autres fois encore, on le nomme «Comité national».
Et il m’a semblé avoir aussi lu «Instance de lutte contre la corruption».
Attention ! Je dirais même plus, attention ! Là, ce n’est plus pareil. La corruption, elle est maligne, la bougresse.
On ne peut pas lui faire peur et l’obliger à reculer avec n’importe quel intitulé.
Faut se décider et choisir, les mecs !
Imagine le gros fou rire de la corruption si tu montes à son assaut juste muni d’une gentille instance ou d’un
pacifique comité ?
Autant faire la guerre aux trafiquants avec des pistolets à eau en période de grosse pénurie… d’eau.
Non ! Faut rester sérieux.
Même le mot «Office» ne me «remplit pas les yeux», n’arrive pas à me convaincre.
Moi, Office, ça me fait tout de suite penser à l’OFLA, aux Souk-El-Fellah et autres Galeries.
Autant dire des trucs entièrement dédiés à la bouffe, à la grande bouffe. Et lutter contre la corruption avec un
machin qui évoque la bouffe, c’est pas franchement gagné !
Encore une fois, le sort de la lutte contre la corruption en Algérie dépend tout entier de l’intitulé de l’organe
censé mener cette lutte.
Fallait pas se précipiter avant d’avoir tranché cette question précisément. Je trouve d’ailleurs que nos responsables
n’ont pas assez sollicité les linguistes et les psychologues qui auraient pu, chacun dans sa spécialité, éclairer la question et permettre de choisir le bon intitulé.
Parce qu’après, une fois le nom de l’instance trouvé et surtout bien trouvé, la corruption, on n’en
parlera plus. Elle aura été totalement éradiquée. Comme le terrorisme !
Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
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