Histoire


« Je trouve que l'Algérie est un pays fermé et immobile, replié sur lui-même »

Jean Daniel. Journaliste et écrivain français d’origine algérienne

« Je trouve que l’Algérie est un pays fermé et immobile, replié sur lui-même »

Jean Daniel, écrivain et journaliste français d’origine algérienne, né en 1920 à Blida, revisite le destin commun algéro-français, plus d’un demi-siècle après son engagement en faveur de l’indépendance de l’Algérie. Dans cet entretien, il fait sa propre lecture du climat conflictuel qui émaille les relations entre Alger et Paris. Il estime que la Charte de la Soummam a été trahie et le rêve révolutionnaire n’a jamais été réalisé sans, toutefois, adhérer à l’idée de repentance publique exigée de la France.



Une loi portant criminalisation de la colonisation en préparation, inscription de l’Algérie sur la liste des pays à risque en France, déclarations de Bernard Kouchner, l’affaire des moines de Tibhirine sont, entre autres, les questions qui soulèvent des mécontentements à Alger et/ou à Paris. Quelle lecture faites-vous des relations algéro-françaises dans la conjoncture actuelle ?

C’est une phase que je trouve absurdement conflictuelle. Le temps qui est passé, les événements qui ont eu lieu aussi bien en Algérie qu’en France, la façon dont nous avons observé une période extraordinaire de complémentarité, comme lors du fameux voyage du président Bouteflika qui, pour moi, c’était le bonheur et la réussite de mes combats pour réconcilier tout le monde, en me disant qu’au moins on ne s’est pas battus pour rien, le nombre considérable d’Algériens qui vivent en France et malgré un certain nombre d’incidents qu’on répète toujours, comme la Marseillaise qui a été sifflée, ou un certain nombre d’écarts de langage ou l’affiche du Front national (FN). Avec tout cela, la question qui se pose est de savoir quel est l’intérêt de cette dramatisation ? Parce que ça ne vient pas à n’importe quelle époque tout de même. Cependant il y a eu une période extraordinaire. Je me rappelle du discours admirable prononcé par le président Bouteflika en 2000 ici à Paris. Ce discours a été très sensible pour les deux peuples algérien et français. Juste après, je suis retourné en Algérie et un accueil chaleureux m’a été réservé dans une atmosphère de réconciliation. Il y a eu aussi une période d’entraide comme lors du tremblement de terre de 2003. Des Algériens viennent en France et ils y trouvent des avantages, comme le travail, la protection sociale... Les Algériens ont choisi ce pays quand même. Alors qu’à l’époque, dans l’esprit du discours de Bouteflika, il n’y avait pas d’exigence de repentance. Ce discours exprimait plutôt des signes de révolution dans les relations franco-algériennes. La colonisation, il y en a eu partout.

Mais, à travers certains événements, comme les déclarations récentes de Bernard Kouchner sur la génération de la guerre d’indépendance, peut-on déduire qu’il existe en France un courant anti-algérien ?

Pour Kouchner, avec toute sincérité, il voulait dire qu’il y a une différence entre la génération qui a fait la guerre et les générations d’après-guerre. Maintenant, il faut que les tempéraments changent des deux côtés. Ici en France, le président Sarkozy n’a aucune envie de déplaire aux Algériens, d’ailleurs Le Pen ne l’aime pas du tout. Par ailleurs, j’ai peur que les groupes de pression, ceux qui sont favorables à la réhabilitation des pieds-noirs en France ou ceux qui se sont opposés à la venue d’Enrico Macias en Algérie, exploitent ces malentendus. Il y a eu un livre sur l’Algérie et quand le président Bouteflika en a pris connaissance, il a demandé à ce que Jean Daniel en fasse la préface. Ce que j’ai accepté, mais un mois plus tard, l’éditeur m’a demandé de laisser tomber parce que l’entourage de Bouteflika n’a pas apprécié le fait que le livre soit préfacé par un juif.

Et maintenant comment entrevoyez-vous l’avenir de ces relations ?

Toute une série de questions que je me pose : que s’est-il passé en Algérie ? Bouteflika a-t-il changé de discours et qu’est-ce qui l’a poussé à le changer ? Je me rappelle de l’ambassadeur de France en Algérie qui a trouvé le mot juste au sujet de l’histoire commune des deux pays. Il avait déclaré : « Nous devons regarder l’histoire en face et l’assumer chacun de son côté. » C’est vrai que l’on peut trouver l’occasion pour prononcer des mots qui montrent à l’autre, en l’occurrence au peuple algérien, pas forcément aux responsables politiques, qu’on a le sentiment d’une telle proximité, presque de fraternité quelquefois, et qu’on se dit qu’on a fait quelque chose qu’on n’aurait pas dû faire et que c’est honteux à certains moments, ponctuellement. Mais ceci ne peut pas être une repentance publique en disant que nous sommes des assassins, que nous n’avons fait que des hécatombes en Algérie. Il y aura des gestes qui vont s’exprimer à l’avenir. A mon avis, il y aura cette occasion parce que cela a toujours été ainsi en France, que ce soit du côté de la gauche ou de la droite. Même le président Chirac, à son époque, a prononcé des mots extrêmement importants à la fois pour les juifs et pour l’Algérie. Je crois qu’il est dommage de laisser la matière féconde des relations avec le Maghreb au Maroc et à la Tunisie. Je veux dire que ces deux pays maghrébins bénéficient de facilité de liens avec la France sur tous les plans, contrairement à l’Algérie. Comme je suis informé, je calme les esprits, parce que je sais qu’actuellement, où nous parlons de propos colériques ou conflictuels d’hommes d’Etat, il y a des tas de choses qui se font entre la France et l’Algérie sur le plan économique, il y a des Français et des Algériens qui travaillent ensemble et aussi de nombreux accords entre les deux pays dans divers domaines. Pour résumer, je crois que nous sommes dans une période dangereuse, parce que les mésententes peuvent être exploitées et ceci ne peut être évité que si les opinions publiques dans les deux pays dépassent ces clivages. Il faut dépasser ce conflit absurde en se disant la vérité et en faisant pression sur les gouvernements. Et là, je m’adresse beaucoup plus aux gens des médias. Ça ne doit pas continuer ainsi, il y a quand même un million d’Algériens en France. Un Algérien qui vient ici ne se sent pas dans un pays étranger. La France est aussi algérienne, c’est un pays où les Algériens veulent venir ce qui fait que ce pays n’est pas tout à fait ennemi.

N’y aurait-il pas de cercles occultes qui profitent de ce climat de crise entre Alger et Paris ?

C’est possible. Moi je trouve scandaleux la fermeture des frontières entre l’Algérie et le Maroc. Est-il normal que les Marocains achètent leur pétrole en Russie avec des coûts de transport exorbitants alors qu’ils en ont juste à côté, en Algérie ? Est-il normal que les deux armées, algérienne et marocaine, soient ravitaillées par des pays parfois concurrents et avec des modèles différents. Les deux armées dépensent des sommes folles en armement. Je crois qu’il est temps de débattre de ces questions, en disant la vérité en même temps et en impliquant les opinions publiques, mais il y a en ce moment la démission totale des élites.

Dans l’ensemble, quelle est votre vision de l’Algérie de 2010, soit 11 ans après l’arrivée de Bouteflika au pouvoir ?

Moi je n’aime parler que de ce que je connais. La situation algérienne je la connais à travers la presse et je trouve que l’Algérie est un pays fermé et immobile, qui paraît replié sur lui-même. L’Algérie ne semble pas prendre d’initiatives pour son développement. Les seules choses dont on parle, ce sont les axes routiers, ou autres projets de construction, qui sont, certes, importants, mais concernant vraiment le développement comme le PIB par tête, le niveau de vie ou la protection sociale, il n’y a pas de progrès, et c’est pour cela qu’il y a de plus en plus de gens qui demandent à venir en France. Il y a des choses terribles. Personnellement, j’ai fait le voyage Bougie-Jijel et je trouve que la côte est la plus belle au monde, si elle était développée. S’il y avait des entreprises au niveau local, on n’aurait pas besoin d’Américains ou de Chinois pour développer le pays.

Comment voyez-vous l’Algérie d’aujourd’hui, qui est aussi votre pays, votre pays de naissance, comparée à l’Algérie où vous avez vécu et où vous avez connu des figures aussi illustres que Kateb Yacine, Jean Amrouche, Albert Camus, pour ne citer que ceux-là ?

Le rêve révolutionnaire n’a jamais été réalisé. L’idéal de Abane Ramdane non plus. Si la Charte de la Soummam a été concrétisée, moi je rentre tout de suite dans ce pays. Je trouve que l’esprit révolutionnaire de la Charte de la Soummam a été trahi, mais je ne perds pas espoir. J’ai vu l’accueil chaleureux qui m’a été réservé quand je suis venu en Algérie. C’est très émouvant. L’évolution du monde musulman, la renaissance de l’islamisme, l’incapacité de faire face au sous-développement malgré les richesses extraordinaires du pays ont fait évoluer le pouvoir algérien dans un sens qui est contraire à celui de la Charte de la Soummam.

Jeudi 25 mars 2010 4 25 /03 /Mars /2010 08:17
- Par Michel - Publié dans : Histoire - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Communauté : ALGERIE
Maquisard infatigable et stratège redoutable, Krim Belkacem a le mérite d’avoir mené une guerre et signé la paix.

Intervenant hier en marge du forum du journal El Moudjahid, la fille de Krim Belkacem, l’un des six chefs de la Révolution algérienne et signataire des Accords d’Evian, a révélé que son père a été assassiné à cause de ses idées. «Mon père voulait un Etat démocratique, libéral et pluraliste. Tout son combat était pour l’instauration d’ une véritable démocratie et c’est pour cela qu’il a été assassiné pour ses idées», a déclaré Mme Karima Khoudir-Krim, hier lors de cette rencontre organisée à l’occasion de la célébration du 19 Mars, Journée nationale de la victoire et des accords d’Evian.

«Mon père n’était pas un homme de compromis, il ne voulait que l’indépendance du pays», a-t-elle ajouté. Interrogée au sujet du film qui devait être réalisé sur la vie et le parcours de son père, la fille de Krim Belkacem a indiqué qu’elle n’a jamais été consultée pour cela. Elle a également ajouté que «nous ne sommes pas au courant, nous ne connaissons pas le contenu de ce film. Les réalisateurs ne nous ont pas informés». Et d’affirmer: «Si ce film a été bloqué au niveau du ministère de la Culture c’est parce qu’il apporte des vérités qui dérangent et des choses inédites.» La fille de Krim a regretté également, le fait que la commémoration de la Journée nationale de la victoire passe inaperçue depuis des années. Il est également regrettable de signaler que, plusieurs personnes, qui ont vécu avec le révolutionnaire Krim Belkacem, n’ont pas eu la possibilité de s’exprimer lors de la même occasion.
 Krim Belkacem est né le 14 septembre 1922 à Aït Yahia Moussa dans la daïra de Draâ El Mizan, en Grande-Kabylie. Il a été assassiné le 18 octobre 1970 dans une chambre d’hôtel à Francfort en Allemagne.
Les auteurs de l’assassinat du Lion du djebel, comme le surnomment les historiens, n’ont jamais été connus et les circonstances de l’assassinat non élucidées à ce jour.
Krim Belkacem a adhéré au PPA et commence à implanter des cellules clandestines dans douze villages autour de Draâ El Mizan.
Les autorités françaises se rendant compte de son influence sur la population, le condamnent le 23 mars 1947 pour «atteinte à la souveraineté de l’État». Après avoir pris l’avis du PPA, il prend le maquis (sous le pseudonyme de Si Rabah) avec Moh Nachid, Mohand Talah, Messaoud Ben Arab. Des menaces et des mesures de rétorsion sont exercées sur son père qui refuse de livrer son fils.
En représailles, il dresse une embuscade contre le caïd (son propre cousin) et le garde-champêtre. Ce dernier est tué. En 1947 et 1950 il est jugé pour différents meurtres et condamné à mort par contumace par les autorités coloniales.
Il devient responsable du PPA-Mtld pour toute la Kabylie. Il multiplie les contacts directs avec les militants et la population et réussit à entraîner au moins 500 éléments dans son maquis à la veille de l’insurrection de Novembre 1954. Maquisard infatigable et stratège redoutable, Krim Belkacem a le mérite d’avoir mené une guerre et signé la paix.

Lundi 22 mars 2010 1 22 /03 /Mars /2010 15:40
- Par Michel - Publié dans : Histoire - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
« Le pari des Accords d'Evian n'a pas été tenu »

Mohamed Harbi. Historien

Historien de référence du nationalisme et de la révolution algérienne et acteur de premier plan de cette révolution au sein du FLN, Mohamed Harbi — ayant lui-même participé aux premières négociations — rappelle avec concision le contexte politique dans lequel les Accords d’Evian ont été signés et leur contenu. Il nous livre aussi des clés de compréhension de la relation algéro-française, qu’il analyse sans concession, et ouvre avec pertinence des questionnements dont devraient se saisir les responsables politiques des deux Etats. Mohamed Harbi est l’auteur d’ouvrages qui font autorité, dont Archives de la révolution algérienne, (Jeune Afrique, 1981 ) ; Le FLN, mirage et réalité, (Jeune Afrique, 1980 et 1984) ; Le nouvel ordre international, (Arcantère, 1992) ; L’islamisme dans tous ses états (sous sa direction) (Arcantère, 1991) ; L’Algérie et son destin, (Arcantère, 1992) ; Une vie debout, vol. 1, (La découverte, 2001) ; La Guerre d’Algérie (en collaboration avec Benjamin Stora, 2004) ; Le FLN : Documents et histoire, 1954-1962, (en collaboration avec Gilbert Meynier, Fayard, 2004).


-  Les accords d’Evian, signés le 19 mars 1962 entre la France, puissance coloniale, et les représentants du GPRA, étaient-ils exclusivement fondés sur les modalités réglementant le recouvrement par le peuple algérien de sa souveraineté nationale ?

On oublie, quand on évoque les accords d’Evian, le contexte de l’époque. Nous étions face à des problèmes militaires que nous n’avions pas les moyens de résoudre, mais nous avons réussi, aux plans politique et diplomatique, à fragiliser la position de la France qui, par ailleurs, affrontait une sédition. Le compromis d’Evian reflète cette situation. Le Gouvernement provisoire de la république algérienne (GPRA) a honoré les revendications exprimées dans l’appel du 1er novembre. Il n’a pas cédé sur la question du Sahara. Il a fait reconnaître le principe de la réforme agraire. Reste que la place des questions économiques était seconde.

-  Toutes les dispositions contenues dans ces Accords ont-elles été mises en œuvre ? Ont-elles été respectées par l’une et/ou l’autre parties signataires ?

Non. Par exemple, la récupération des richesses en vertu de la problématique algérienne s’est faite en contravention des accords d’Evian qui prévoyaient une juste et préalable indemnisation. Un autre exemple, les accords d’Evian transmettaient à l’Etat algérien l’héritage français en Algérie. En fait, la transmission s’est faite à l’Etat FLN. Aucun autre mouvement n’a été autorisé à présenter des candidats à la constituante. C’est également une dérogation aux accords d’Evian. Ces accords reposaient sur un pari : la cohabitation entre deux communautés sous l’autorité d’un Etat multiculturel. Il n’a pas été tenu. Le premier coup a été porté par l’OAS, les Wilayas ont fait le reste. C’est ce qui a fait dire à Jean-Marcel Jeanneney, premier ambassadeur de France en Algérie : « Si les choses se sont mal passées, ce n’est ni la faute du gouvernement français ni des Algériens… » Aucun des deux interlocuteurs d’Evian ne maîtrisait son propre camp.

-  Que reste-t-il des Accords d’Evian, 48 ans après leur signature ? Ne sont-ils pas dépassés ? Dans leurs relations bilatérales, l’un et/ou l’autre Etats peuvent-ils encore s’en prévaloir ?

L’Algérie a mis un terme aux clauses qui limitaient son indépendance économique et culturelle, mais elle avait un privilège quant au statut des Algériens en France.

Qu’elle se réfère à un texte de droit pour le garder, c’est de bonne guerre, même si on peut lui opposer que ces pratiques les ont rendus caducs. Mais si cette revendication n’est pas seulement un chiffon rouge à l’usage des émigrés, la diplomatie algérienne ne pourra se dérober au principe selon lequel, entre deux Etats souverains, l’équilibre des avantages est de rigueur. Et dans ce cas, pourquoi revenir à Evian et ne pas traiter l’ensemble des relations bilatérales comme cela a déjà été envisagé

-  Comment expliquez-vous que les Etats français et algérien n’arrivent pas encore à dialoguer sereinement de leur passé commun ? Ce travail, s’il est amorcé par les historiens et les sociétés civiles des deux pays, n’est-il pas encore marginal ?

Les controverses franco-algériennes ne sont pas toutes de même nature. Il y eut d’abord les controverses vitales pour l’Algérie, consécutives aux nationalisations et au statut des émigrés. Aujourd’hui, la controverse porte, entre autres sujets, sur la compréhension du fait colonial. Ce thème est devenu une question d’actualité à partir du moment où les associations de rapatriés et de défense de l’OAS ont reconstitué des relais politiques au Parlement faisant, à tort ou à raison, du vote pied-noir un enjeu politique. Côté algérien, la tentation de refonder le lien social en réactivant le passé colonial et d’unifier les Algériens est claire. Il ne fait pas de doute que la force de l’Etat n’est pas organisée et utilisée de façon efficiente. Les élites, qui se partagent le pouvoir en alliance ou en concurrence, se montrent incapables d’élaborer des objectifs qu’il faut poursuivre en trouvant pour cela des moyens appropriés. Au lieu d’éduquer politiquement la nation, elles se bercent d’illusions en privilégiant leurs intérêts de groupe par rapport aux intérêts de puissance de l’Etat. Un Etat est crédible auprès de ses interlocuteurs quand il s’appuie sur ses populations et les respecte.

-  Pourquoi l’Etat français est-il réticent à reconnaître sa responsabilité dans la colonisation de l’Algérie et des méfaits qu’elle a engendrés ?

Examinez la politique de la France sur le génocide au Rwanda et vous aurez une réponse. Il a fallu un fiasco diplomatique de première grandeur pour que le président de la République française trouve une formule alambiquée pour admettre les responsabilités de la France dans le génocide des Tutsis. Pourtant, les considérations de politique intérieure ne pèsent pas autant que pour l’Algérie.

-  La loi du 23 février 2005, n’était-ce pas pour faire capoter le pacte d’amitié que le président Chirac s’apprêtait à signer avec le président Bouteflika ?

Tout n’est pas encore clair dans le traitement de ce dossier. Pendant que se déroulaient les discussions à son sujet, une commission de l’Assemblée nationale avait entamé un débat sur le fait colonial. Ce débat n’avait rien de secret et tous ceux qui le suivaient savaient qu’il allait déboucher sur une révision de la compréhension du fait colonial. Si, à ce moment-là, notre diplomatie avait mis en garde le gouvernement français sur les conséquences qu’elle entraînerait dans les relations bilatérales, le débat aurait sûrement gagné en clarté. Lorsqu’avec Claude Liauzu, Gérard Noiriel, Gilles Manceron et Gilbert Meynier, nous avons donné une conférence de presse pour dénoncer au nom des historiens cette loi, l’Algérie n’avait pas réagi. J’aimerais bien comprendre pourquoi ? Les Algériens ont besoin de savoir. Ils doivent bénéficier du droit à l’information. On ne doit pas les traiter comme des potiches qu’on mobilise en claquant des doigts.

-  Les binationaux pèsent-ils dans la relation entre les deux Etats ? Représentent-ils un des enjeux de la relation algéro-française ?

Ils sont bien sûr un enjeu, ne serait-ce que dans les batailles mémorielles dont les incidences politiques sont évidentes. La jeunesse scolaire en France est composée aujourd’hui de Français d’origines maghrébine, africaine et asiatique appartenant à l’ancien empire colonial. Or, l’histoire enseignée à l’école est encore, malgré quelques ajustements récents, l’histoire d’une partie des Français. Il y a déjà plus d’une décennie, Suzanne Citron avait, dans un ouvrage, Le mythe national, l’histoire de France revisitée, préconisé l’intégration de l’histoire des groupes minoritaires en France, ce qui appelle une condamnation claire et nette du phénomène colonial et de l’esclavage. Or, pour beaucoup de dirigeants français, l’enseignement de l’histoire est conçu comme un outil de francisation et non comme un instrument d’ouverture sur les autres.



Par Nadjia Bouzeghrane

Dimanche 21 mars 2010 7 21 /03 /Mars /2010 07:34
- Par Michel - Publié dans : Histoire - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

esplanade-des-mosquee.jpg

La mosquée al-Aqsa ou al-Aksa (المسجد الاقصى, al-masjid al-Aqsa, le terme al-Aqsa étant généralement traduit en français par : « la plus lointaine » ) est une mosquée construite au VIIe siècle à Jérusalem(al-Quds) . Elle fait partie, avec leDôme du Rocher d'un ensemble de bâtiments religieux construit sur l'esplanade des mosquées. Il s'agit de la plus grande mosquée de Jérusalem, où cinq mille fidèles peuvent prier, le site dans sa totalité peut accueillir plusieurs centaines de milliers de personnes. L'esplanade des mosquées (Haram al-Sharif) est le troisième lieu saint de l'islam, après La Mecque et Médine.

La mosquée al-Aqsa est située sur un lieu très symbolique, puisqu'il s'agirait, selon la tradition juive, de l'emplacement du temple de Salomo,, reconstruit parHérode au Ie siècle av. J.-C., avant d'être détruit en 70 par les Romains. Le mur des lamentations témoigne de ce passé, et certains éléments montrent que la mosquée aurait été construite sur les ruines du bâtiment annexe  de l'ancien Temple.

Le 21 août 1969, un chrétien australien, Michael Denis Rohan, met le feu à l'édifice afin de faire place au troisième temple. Les dégâts, importants, purent être réparés.

Le mur des lamentations lieu saint de la religion juive, faisant partie du mur d'enceinte de la mosquée, cette zone relativement restreinte de Jérusalem est source de tensions entre communautés. Israël autorise l'accès à la mosquée uniquement aux hommes et aux femmes mariés, respectivement agés d'au moins 50 et 45 ans.

La mosquée al-Aqsa, comme le reste de lavielle ville de Jérusalem , est sous contrôle israélien depuis l'invasion de 1967. La gestion de l'ensemble de l'esplanade des mosquées est confiée à un waqf, fondation religieuse islamique, contrôlé par la Jordanie.

Lors des accords de wadi araba Israël a confirmé celui-ci dans ses fonctions et" garantit" à la Jordanie le rôle privilégié de garante des lieux saints musulmans dans de futures négociations de paix israélo-palestiniennes.

Controverse

Depuis la première de 1938 effectuée par l'Américain Edward Robinson, plusieurs autres fouilles ont eu lieu dans la zone sud et sud ouest du Mont du temple mais jamais sous l'esplanade des mosquées où se trouve la mosquée al-Aqsa. Pourtant, l'Organisation de la conférence islamique(OCI) considère qu'elles menacent ses fondations.

Une autre partie de la mosquée est menacée à l’est où une porte et des escaliers menant vers un autre tunnel sont en cours de construction pour installer une synagogue à la place du lieu de prière Al-Marwanî. Une autre synagogue est prévue à la place de la médersa Tankaziyya, située à l’ouest de l’enceinte de la moquée Al-Aqsa. La médersa Tankaziyya, bâtie en 1329 est l’un des joyaux de l’architecture musulmane. Le plan indiqué par l'Etat d'Israël prévoit également de détruire une partie du cimetière Ar-Rahma, située à l’est de la mosquée, pour construire une station de téléphériques. C’est dans ce cimetière que sont enterrées des personnalités musulmanes ainsi que des compagnons de Mahomet.
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Photos des fissures sur les piliers de la mosquée El Aqsa survenues suite aux fouilles















Photos des effondrements du sol survenus dans l’enceinte d’El Aqsa








Il est clair que les responsables de l'Etat d'Israël sont prêt à tout pour "éliminer" toute présence religieuse autre que le judaïsme de la ville qui n'est toujours pas reconnue comme capitale par la communauté internationale. Jérusalem est faisant partie des territoires annexés en 1967, annexion condamné par une résolution des Nations Unies. On constate que l'annexion du Koweit par Saddam Hussein a provoqué l'ire de Georges Busch, mais que l'annexion du territoire Palestinien laisse la maison blanche de marbre...

 

Samedi 20 mars 2010 6 20 /03 /Mars /2010 15:00
- Par Michel - Publié dans : Histoire - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

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