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Nouveau rebondissement dans l’affaire de la bigamie présumée de Nadir Belhadj. Le joueur pourrait être blanchi de
toute accusation grâce à un témoignage-clé.
Celui de sa 3e épouse !
Il faut être juste avec cette dame !
Quand il a fallu lui tomber dessus à bras raccourcis, ici même, je ne m’en suis pas privé. Mais là, désolé, faut lui
rendre l’hommage qu’elle mérite, Tata Louisa !
Seule sur la scène, dans un one-women-show extraordinaire d’intensité imitée, en prenant à sa charge
tout le décor en carton pâte, en réglant seule les lumières en faux jour et les spots en trompe-l’œil, Tata a réussi là où des dizaines de partis déjà fabriqués et des centaines sur le
point de l’être ce mercredi ont échoué : elle crée l’illusion d’une vie politique animée, équilibrée, passionnante, prenante, mordante, diversifiée, contradictoire, consistante,
intelligente et toute en projection sur le futur du pays.
Attention ! Ce n’est pas une mince affaire.
Il n’est pas donné au premier venu de faire ainsi tourner la vieille dynamo partisane en Algérie.
Tata Louisa n’a pas son pareil, ni sa pareille d’ailleurs en la matière.
Quand vous l’entendez à une tribune, criant à l’infiltration massive du mouvement associatif algérien par la CIA,
vous y croyez tellement que vous soupçonnez votre épicier d’être un James Bond dormant dans son échoppe, au fond de votre crasse cité, attendant juste l’ordre de Langley pour attaquer
tout seul le Palais d’El Mouradia.
Lorsque vous mesurez la virulence des accusations lancées lancées par Tata contre les partis islamistes, vous
en venez même à douter de vos propres archives, mettant sur le compte d’un vil procédé de maquillage par Photo Shop des clichés la montrant tout sourire au conclave romain de Sant’
Egidio. Non ! Ça ne se peut pas ! Tata Louisa n’y était pas, bien sûr. On a voulu juste la salir !
Elle est tellement convaincante lorsqu’elle annonce avoir saisi Abdekka par courrier, que vous admettez fort bien que
le bureau du châtelain puisse être encombré par la pile énoooooorme de lettres et de saisines envoyées par la Tata. A croire qu’elle passe son temps à lui écrire, la passionaria !
En vérité, et sans cela, mon hommage ne vaudrait rien, j’ai un regret, tout de même.
Un profond regret.
Pour Hollywood !
Pour Bollywood !
Pour le cinéma de manière générale.
Car Tata Louisa y aurait fait un tabac, un malheur !
Et le bonheur des producteurs.
Elle crée un scénario à partir de rien.
Elle peut planter un décor dans une portion de désert vous donnant l’impression que vous déambulez dans Broadway, un
soir de grandes premières sur les planches.
Avec des bouts de ficelles, deux ou trois dés à coudre, un vieux tissu rouge défraîchi par les luttes
perdues et les renoncements fructueux, Tata peut vous illusionner une Algérie plurielle et démocratique.
Rien que pour ça, Yaâtik Essaha, Tata ! Ils doivent être aux anges.
Là-haut, dans le Palais.
Et surtout en bas.
Dans la cave où se fabriquent les illusionnistes.
Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
Le Soir d'Algérie http://www.lesoirdalgerie.com
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