Le documentaire de Jacques Panijel Octobre à Paris sortira enfin dans nos salles le 19 octobre 2011 ! Ce
documentaire, tourné clandestinement puis censuré, retrace les événements du 17 octobre 1961, au cours desquels près de 30 000 Algériens manifestèrent pacifiquement dans les rues de Paris à
l’appel du FLN... S’ensuivirent, sur ordre du tristement célèbre préfet de police Maurice Papon, 11 000 arrestations et des dizaines d’assassinats (voire des centaines, selon certains
historiens), dont de nombreux manifestants jetés à la Seine après avoir été tabassés, des centaines d’expulsions et des plaintes classées sans suite [1].
La fin de la guerre d’Algérie n’a pas arrêté les poursuites de l’Etat contre le film et son auteur. Les cinémas qui ont
cherché à le projeter au cours de séances privées ou semi-publiques ont systématiquement subi l’intervention de la police, qui cherchait à confisquer les bobines. Ce n’est qu’en 1973, après la
grève de la faim du cinéaste René Vautier, ancien résistant, qu’Octobre à Paris a enfin obtenu son visa d’exploitation, sans être pour autant diffusé [2].
Octobre à Paris sortira en salle le 19 octobre prochain, dans le cadre de la commémoration du 50e anniversaire de
ces événements dramatiques, en même temps que Ici on noie les Algériens, 17 octobre 1961 de Yasmina Adi [3].
Octobre à Paris, le film interdit
projeté en avant-première au festival de Mediapart
C’est un film rare, un film longtemps interdit et jamais sorti en salle que Mediapart programme samedi 24
septembre dans le cadre de son festival. [4] Octobre à Paris de Jacques
Panijel est un documentaire consacré à la manifestation des Algériens, le 17 octobre 1961 à Paris, contre le couvre-feu auquel ils étaient soumis, le premier film sur les crimes policiers
perpétrés lors des événements en faveur de l’indépendance de l’Algérie.
Il a été fait dans la clandestinité, dans les bidonvilles de Nanterre et Gennevilliers, et dans le centre de torture de la
Goutte-d’Or. Tourné quelques semaines après la marche pacifique qui s’acheva par des milliers d’arrestations et d’assassinats, le film reconstitue à chaud l’événement, donne la parole à ceux
qui organisèrent le rassemblement, à ceux qui vécurent la répression sanglante ordonnée par le préfet Maurice Papon, à ceux aussi qui échappèrent à la mort après avoir été jetés à la Seine. Un
document exceptionnel.
La vidéo ci-dessous, préambule au film et réalisée par Mehdi Lallaoui, écrivain, réalisateur et président de l’association
Au Nom de la Mémoire replace ce film dans son contexte.
Jacques Panijel n’était pas cinéaste. Biologiste et chercheur au CNRS, il avait créé avec Pierre Vidal-Naquet et Laurent
Schwartz le Comité Maurice Audin, du nom de ce mathématicien torturé à mort par les services français en 1957. Dans un entretien à la revue Vacarmes, à l’été 2000, Jacques Panijel (aujourd’hui
décédé) racontait le projet : « J’ai tourné à partir de la fin 61 et pendant six mois dans les bidonvilles et à la Goutte d’or. Sachant ce qu’avaient été ces journées, il fallait
que je les fasse revivre à l’intérieur même du bidonville (...). Le film est conçu comme une tragédie en trois actes : avant, pendant, après : l’organisation et le départ de la
manifestation que nous avons pu reconstituer, la manifestation racontée par des photographies, et les témoignages filmés après la manifestation. Il fallait retrouver des hommes qui avaient
échappé de justesse à la mort ; retrouver des gens qui avaient été balancés à la Seine et s’en étaient sortis. » Octobre à Paris sortira en salle le 19 octobre
2011.
Le dossier de presse du film de Jacques
Panijel.
Notes
[1] Financé avec les fonds du Comité Audin (collectif d’intellectuels engagés contre l’Algérie
française) Octobre à Paris a été tourné à la fin du mois d’octobre 1961.
[2] En 1973, le réalisateur Jacques Panijel, s’est opposé à la diffusion de son
documentaire : le film avait vieilli, la France avait changé, et il réclamait d’ajouter à Octobre à Paris une longue « préface filmée » qui poserait le contexte
de l’époque ... le projet fut abandonné.
Le cinéaste étant décédé le 12 septembre 2010, Les Films de l’Atalante a décidé de procéder à la sortie en salle
de ce film martyr.
[3] Le film de Yasmina Adi sera projeté au cinéma Le Royal de Toulon, le jeudi 20
octobre, projection suivie d’un débat animé par la section de Toulon de la LDH.
[4] La projection en avant-première dans le cadre du festival de Mediapart aura lieu
samedi 24 septembre, à 19h, à la maison des Metallos, 94 rue Jean-Pierre Timbaud, Paris 11. (Réservation au 01 47 00 25 20).
Elle sera suivie à 20h30 d’un débat avec les historiens Sylvie Thénault et Benjamin Stora, et Mehdi Lallaoui. Débat animé
par Joseph Confavreux de Mediapart.
http://LDH-Toulon.net
Vendredi 30 septembre 2011
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30
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/2011
15:52
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Par Michel
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Publié dans : Histoire
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