Ces dernières semaines l'Algérie s'est retrouvée à plusieurs reprises en bonne
place dans les médias étrangers. Et ce n'était pas seulement pour commenter les mauvaises performances de l’équipe nationale. Si le monde regarde en ce moment l'Algérie c'est pour scruter ce qui
se passe sur le front de la corruption et des tensions politiques. En quelques semaines c'est tout le travail effectué par le pays pour redorer son blason à l'international qui est en partie
anéanti.
Aujourd'hui, ces affaires de corruption remettent sur le devant de la scène
les archaïsmes du régime politique et la gestion clanique de l'Etat. C'est notamment ce qui ressort des analyses publiées ces trois derniers jours notamment par le très influent The Economist en
Grande Bretagne, le Monde en France, ou le Calgary Herald au Canada, pour ne citer que quelques exemples éloquents.
Le scandale de l'autoroute est-ouest avait déjà ouvert les vannes de la
curiosité étrangère, mais les révélations sur les malversations au sein de la Sonatrach sur fond de guerre des clans au sommet du pouvoir a relancé l'inquiétude des partenaires économiques de
l'Algérie. Et une fois n'est pas coutume, l'inquiétude et les articles alarmistes ne viennent pas seulement de la France. Jusqu'au Canada, on suit les rebondissements de cette opération
anti-corruption, inédite par son ampleur. L'assassinat du DGSN Ali Tounsi, tué par un de ses hommes soupçonné de malversations, a ajouté à la confusion ambiante.
Dans le monde des affaires et sur le plan international, l'image de l'Algérie
s'est sans aucun doute détériorée. L'implication de hauts responsables a aggravé la réputation déjà sulfureuse du pays en terme de corruption. Et les guerres intestines qui sous-tendraient ces
révélations rajoutent à la confusion.
Car si l'Algérie ne brille pas, selon les rapports de plusieurs ONG, pour sa
situation vis à vis du respect des droits de l'homme ou de la liberté d'expression, l'apaisement relatif de la situation sécuritaire et l'ouverture économique du pays lui avaient permis de voir
revenir les investisseurs et de se faire entendre à nouveau sur la scène internationale.
Si on ajoute à cela, les inquiétudes de pays comme la France et les Etats-Unis
sur la réalité du terrorisme en Algérie qui se matérialisent par la publication de leur liste noire, on peut mesurer le retour en arrière que pourrait engendrer les évènements récents. Et ce
sentiment est encore accentué par la nouvelle politique économique protectionniste mise en place par le gouvernement Ouyahia. Une fermeture qui ne satisfait évidemment pas les investisseurs
étrangers et qui diminue l'attractivité du pays.
En définitive, la situation actuelle montre à quel point est
fragile la situation de l'Algérie de part sa dépendance encore importante à l'égard de ses partenaires étrangers. Et tant que ne seront pas connus les aboutissements exacts de la politique menée
actuellement, l'inquiétude sera difficile à dissiper. Et plus cette phase de doutes dure, plus la marche pour redonner une image stable et cohérente du pays sera longue. Or, le temps
presse : la manne pétrolière n’est pas éternelle et l’Algérie ne pas prétendre pouvoir fonctionner sans soucier du reste du monde.
Yazid Slimani (TSA)
Jeudi 11 mars 2010
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00:27
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Par Michel
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Publié dans : Economie
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