Pousse avec eux

                 

Par Hakim Laâlam
Email : laalamh@yahoo.fr
Encore une tentative de sit-in des concierges en colère. La police fait le…

… ménage !

Le vrai-faux suspense.

Ou le faux-vrai suspense.

Ça dépend de quel côté du fût tu te places, comme dirait le Fernand.

Et nous nous sommes donc retrouvés hier soir à attendre très «sérieusement» minuit à l’horloge pour savoir qui serait tête de liste FLN à Alger, si la 4e de cette liste, une auguste dame est toujours épouse de Karadaoui ou s’ils ont divorcé entre-temps, si la guerre des tranchées au RND a abouti sur une trêve ou si le sang a coulé jusqu’à 23 heures 59 minutes, ou encore si dans les milieux initiés, on continuait de rire de l’initiative de Tata Louisa de faire prêter serment à ses candidats, leur enjoignant de jurer qu’ils ne changeront pas de couleur en cours de mandat.

Profondément, intensément, dramatiquement, indécemment, grossièrement nous participons activement — et pour certains d’entre nous goulûment — à donner du crédit à un processus que nous savons pourtant biaisé, bricolé, bidouillé sur des bases n’ayant que de vagues et douteux liens avec la politique.

Eh ben non ! Malgré le fait que nous sachions tout cela, nous faisons comme si !

Nous soupesons le passage d’un tel devant tel autre dans la fameuse liste, nous l’épaississons, nous lui conférons un sens profond, nous lui accordons une signification extraordinairement impactante sur l’avenir du pays et nous en faisons le résultat d’une vie politique réelle.

Mon Dieu ! Mais quelle vie politique ?

Quels enjeux ?

Ceux des couloirs étroits de la villa de Hydra ?

Là, oui ! Ceux des combats que se livrent Belkhadem et ceux qui veulent le casser une fois pour toutes ?

Là, oui ! Mais, et l’Algérie dans tout ça ?

Plus crûment, quel changement va apporter un FLN qui se sera délesté de Ziari ?

 Wallah que je ne me hasarderais sûrement pas à vouloir y lire un tournant révolutionnaire. Comme je ne sais pas vraiment si le futur groupe parlementaire du Front sera plus offensif maintenant qu’il compte dans ses rangs le fils Belayat. Et cela pour une raison toute simple, c’est que ces «révolutions de Palais», ces «déshabillages et rhabillages de vestiaires du régime» ne concernent vraiment que les comédiens qui jouent ce spectacle. La troupe ! La rue, mon Dieu la rue !

La rue se réveille-t-elle, vit-elle et se couche-t-elle au rythme de ce vaudeville vendu comme un «enjeu capital» ?

C’est la seule question qui vaille d’être posée aujourd’hui que les listes ont été théâtralement remises et emballées comme un acte majeur de nos réformes et de notre maturité démocratique.

Sortez ! Osez interroger autour de vous ceux qui font l’Algérie tous les jours et demandez-leur s’ils savent que l’ex-compagne de Karadaoui est 4e sur la liste de Belkhadem.

Demandez-leur aussi s’ils ont intensément vécu le suspense que nous tentons de leur vendre depuis quelques jours.

Et priez, oui, priez pour qu’ils ne se contentent que de vous rire au nez.

Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

Le Soir d'Algérie http://www.lesoirdalgerie.com

Samedi 31 mars 2012 6 31 /03 /Mars /2012 09:04
- Par Michel - Publié dans : Pousse avec eux - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
 

Par Hakim Laâlam
Email : laalamh@yahoo.fr
Cette année, le Salon du livre de Paris a été éclipsé par le Grand Salon du

… deux-roues à Toulouse !

La Commission nationale de surveillance des législatives du 10 mai a adressé ce week-end une lettre à celui qui l’a installée, Abdekka. Dans cette missive, ladite commission exhorte le châtelain, je cite «à prendre ses responsabilités». Cet organe censé surveiller le prochain scrutin estime que Boutef’ doit peser de tout son poids pour que les élections se déroulent réellement selon des normes démocratiques. Je trouve les membres de cette commission pas gentils du tout avec le raïs. Et surtout pas justes ! S’il y en a bien un dans cette affaire qui a pris toutes ses responsabilités, c’est Abdekka. Oui, m’sieur ! Lui, en arrivant au Palais en 1999, a d’emblée présenté son programme.

Avec une clarté impossible à égaler : il a mis en cause la première violence, celle de l’arrêt du processus électoral.

Il a pris sous son aile vachement protectrice tout ce que comptaient les maquis comme émirs bouchers.

Il a mis en place tout un arsenal juridique habillé de gomme solide et efficace, afin d’effacer toute trace de la décennie rouge et de réinsérer «Bla Djeddna» les tangos dans les villages et villes.

Sa plume s’étant ainsi déliée, il l’a encore trempée dans l’encrier pour rédiger un autre texte criminalisant tout acte qui viserait à dénigrer un terroriste repenti ou tout simplement à le désigner sous ce vocable.

Il a contraint des responsables militaires locaux à s’asseoir côte à côte avec des émirs des groupes armés revenus aux affaires civiles lors des dernières campagnes présidentielles, à côtoyer dans les travées des meetings d’ex-pouilleux des montagnes pour bien montrer que les… émirs avaient fini par pardonner aux bidasses leur première violence.

Et là, tout récemment, il a ordonné la légalisation d’une chiée de partis islamistes pour qu’ils aillent en groupe ou en solo occuper le plus de sièges verts à l’APN.

Que voudriez-vous que le monsieur fasse de plus en termes de prise de responsabilités ?

Je trouve que c’est déjà pas mal ! L’Algérie n’a jamais compté autant de tangos en liberté. L’Algérie n’a jamais autant réintégré de tangos à leurs postes de travail avec instruction ferme de régulariser leur plan de carrière et de retraite. L’Algérie n’a jamais enregistré autant de partis islamistes légaux.

Et l’Algérie n’a jamais autant instrumenté les mosquées à des desseins électoralistes. Et là, je ne vous parle même pas de son joujou perso, sa Grande Mosquée. Non ! Je reste sur le projet islamiste du châtelain. Il a fait ce qu’il a promis. Il a tenu promesse. Et il attend.

Qu’est-ce qu’il attend ?

Le dénouement. Le seul possible dans la configuration qu’il a réussi à mettre en place de façon machiavélique. Le seul scénario envisageable, parce que le bonhomme a eu le génie de cadenasser toutes les autres issues : le 10, ça sera la victoire des islamistes ou le KO pour le pays.

Si ça, ce n’est pas prendre ses responsabilités, alors là ! Oui ! Alors là !

Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L. Le Soir d'Algérie http://www.lesoirdalgerie.com

Vendredi 30 mars 2012 5 30 /03 /Mars /2012 02:20
- Par Michel - Publié dans : Pousse avec eux - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
         

Par Hakim Laâlam
Email : laalamh@yahoo.fr
Législatives du 10 mai. Le FLN aussi exprime des réserves.
Belkhadem craint un scrutin…

… régulier !

J’ai fait un horrible cauchemar la nuit dernière. Soudain, tout à coup, subitement, il n’y avait plus aucune rue en Algérie. Comme ça ! Pfuit ! Toutes parties, disparues sans prévenir.

Affolé, en sueur, j’ai ouvert un œil, puis le second et je me suis saisi de mon micro-ordinateur posé à côté de ma couche.

Un rapide coup d’œil aux unes des journaux déjà en ligne, et ouf ! Oui, un grand ouf de soulagement. Les rues étaient encore là ! Elles n’avaient disparu que dans mon horrible cauchemar.

La preuve, cette manchette d’un grand journal du pays annonçant en Une que «les malades atteints d’hépatite menaçaient d’investir la rue».

Quelle joie indescriptible ! Quel bonheur pour moi de savoir que la rue était encore là. Vous me direz, au lieu de m’esquinter les yeux dès le réveil sur l’écran de mon ordi, j’aurais pu juste faire l’effort d’aller à ma fenêtre et d’y vérifier si la rue en bas de chez moi était encore à sa place. C’est vrai ! Mais bon, l’essentiel est là. La rue n’a pas foutu le camp. Mais comme la nature humaine est assez compliquée, j’ai imaginé ensuite, une fois dans ma salle de bains, en me rasant comme dirait l’autre, que les rues disparaissent vraiment du paysage algérien. Je me suis coupé sévèrement. Tout en mettant une pastille de papier sur l’entaille de ma joue, j’ai tenté de mesurer l’étendue du désastre. Le drame d’une Algérie privée de rues. Concrètement, essayez de vous représenter un conseil syndical chaud, très chaud, avec, au bout d’âpres discussions entre les travailleurs, une décision prise enfin, celle d’investir la rue. Et là, soudain, au milieu de la stupeur glacée et glaçante de l’assistance, y a une voix qui s’élève pour rappeler cette évidence extraordinairement terrible «mais y a plus de rues chez nous !» Eh oui !

Vous imaginez, vous, un leader syndical, un tribun au verbe enflammé confronté à ce phénomène de disparition brutale des rues et contraint d’appeler alors à «investir en masse» un hall d’immeuble, une terrasse de barre d’HLM, une passerelle n’enjambant rien, puisqu’il n’y a plus de rues, justement, ou encore un carrefour au milieu de nulle part puisque le pays a entre-temps égaré toutes ses rues ?

Un vrai casse-tête syndical ! Et pas seulement syndical, puisque les entrepreneurs véreux, les patrons habitués à se sucrer sur les réfections successives et répétées des rues et trottoirs ne pourront plus soumissionner auprès des mairies et wilayas.

Qu’est-ce que tu veux refaire comme trottoir quand tu n’as même plus de rue ? Et les flics ! Oui, les flics ! Je crains une flambée des chiffres des suicides dans leurs rangs. Le policier qui a durant toute sa carrière été en faction dans une rue et à qui on vient demander gentiment de rentrer chez lui parce que sa rue a entre-temps disparu. C’est pas un drame, ça ?

Pis ! Imaginez encore cette brigade antiémeutes à qui l’on va ordonner de bloquer l’accès d’une rue pour empêcher une manifestation, qui se pointe au lieu dit et qui n’y trouve ni rue, ni manifestants ?

Faut vite les désarmer, nos flics, sinon, ça va être l’hécatombe. Et pour rien arranger, j’ai beau lire et relire les programmes des partis politiques en lice pour les législatives du 10 mai, aucun ne fait mention du danger à perdre nos rues. Je serais bien tenté d’appeler ici, dans cet espace, à un grand rassemblement autour de cette question ô combien stratégique et déterminante pour notre avenir.

 Mais où va-t-on le tenir, notre rassemblement ?

Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

Le Soir d'Algérie http://www.lesoirdalgerie.com

Mardi 27 mars 2012 2 27 /03 /Mars /2012 11:12
- Par Michel - Publié dans : Pousse avec eux - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
 

Par Hakim Laâlam
Email : laalamh@yahoo.fr
50e anniversaire de l’indépendance. Des historiques algériens se tirent dans les pattes. Eh ben là, on a la preuve qu’ils ont...

… tiré au moins une fois dans leur vie !

J’hésitais entre aborder ce drame horrible de trois enfants, des écoliers âgés entre 10 et 12 ans et qui se sont suicidés en moins de 48 heures en Kabylie, et ces huit manifestants arrêtés à Constantine parce qu’ils revendiquaient en mars 2012 le raccordement de leurs foyers à un gaz de ville algérien théoriquement nationalisé depuis des lustres.

J’étais là, indécis, lorsque j’ai finalement opté pour Abane, Abane Ramdane.

 L’histoire, je la respecte trop pour ne pas la laisser aux historiens.

Mais, devant les vents mauvais qui soufflent en ce moment, j’ai imaginé un court instant, un très court instant qu’un héros de la lutte pour la libération de… la France, Jean Moulin, ait été traité du dixième seulement de ce que subit depuis l’indépendance la mémoire malmenée et souillée de Abane Ramdane.

Je me suis dit un truc tout bête : «Comment aurait réagi la France à des insultes proférées contre Jean Moulin ?» Ce n’est pas une question d’historien, je vous le concède. Mais c’est une question de marginal du journalisme, de chroniqueur dont les oreilles sont pleines en ce moment des clameurs françaises réunies et solidaires autour du meurtre de trois enfants juifs.

La France a une capacité d’indignation efficace puisqu’elle débouche en un rien de temps sur un état d’urgence, le plan Vigie Pirate Ecarlate.

Je la crois aussi capable de vivement réagir si son icône mémorielle, Jean Moulin, était attaquée dans sa grandeur de résistant martyr.

Le ciel français serait tombé sur la tête des profanateurs de la tombe de Moulin. Pourquoi Abane ne peut-il prétendre à la tranquillité mémorielle chez les «siens», à défaut de la gloire enfin reconnue et surtout protégée des défécateurs actuels ?

C’est tout de même saisissant de constater que l’Algérie officielle est capable de produire en un rien de temps un texte qui défend et protège la dignité des terroristes, interdisant de les désigner ainsi sous peine de lourdes sanctions pénales, alors qu’elle laisse faire les atteintes répétées et hyper médiatisées à l’honneur d’un héros de la guerre, d’un immense homme.

D’un homme à l’immensité tellement gênante.

Et dans mon parallèle, j’ai pu mentalement me projeter les contours du débat national, du terrible et forcément retentissant débat qui aurait agité des semaines durant, des mois entiers la vie française, débat au cours duquel se seraient relayés tout ce que compte Fafa comme sommités historiques, comme politiciens, comme notabilités, comme témoins et comme gardiens de la mémoire collective chargés de tomber à bras raccourcis et à bras rallongés aussi sur les profanateurs de la mémoire de Jean Moulin. Je suis même convaincu que les outrecuidants se seraient retrouvés devant les tribunaux, avec au bout une peine plancher impossible à réduire.

Ici, et maintenant, même en forçant mon imagination, je n’arrive pas à me représenter une indignation équivalente autour d’Abane.

Rien !

Les incontinents bavasseurs peuvent déverser tout leur fiel, «diarrhétiser » leurs rancœurs à l’encontre du lion de la Soummam, ils ne sont pas et ne seront pas inquiétés ni remis à leur place.

Pour toutes ces raisons, je me dis finalement que j’aurais dû me contenter de vous narrer le drame terrible de ces trois enfants, trois écoliers âgés entre 10 et 12 ans et qui se sont suicidés à quelques heures d’intervalle en Kabylie.

J’aurais pu aussi juste revenir sur ce fait divers constantinois de manifestants embarqués parce qu’ils exigeaient d’avoir le gaz de ville pour se chauffer et se nourrir. Des faits divers dans le pays de Abane colonisé 132 ans par le pays de Jean Moulin. Oh ! Et puis zut ! Laissons l’histoire aux historiens, n’est-ce pas ?

Et contentons-nous seulement d’être ce que nous sommes, des rigolos aux indignations millimétrées au prorata de carrières rentières.

Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

Le Soir d'Algérie http://www.lesoirdalgerie.com

Lundi 26 mars 2012 1 26 /03 /Mars /2012 11:48
- Par Michel - Publié dans : Pousse avec eux - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Algérie mon amour

El Milia - ال ميليه

racisme

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés