Réouverture des frontières entre l’Algérie et le Maroc.
Alger pose ses conditions. Le limogeage…
… d’Eric Gerets !
Non ! N’insistez pas ! Et n’essayez surtout pas de me retenir et de m’en empêcher !
Je la ferai, cette chronique.
Peu m’importe qu’il s’agisse d’un intégriste et que la ligne du Soir soit anti-intégriste. Moi, cette chronique sur
Abdallah Djaballah, je vais la faire, advienne que pourra.
Et je dirais même plus, que pourra !
Non pas que je trouve Djaballah particulièrement aguichant avec sa barbichette et sa calotte.
Ce n’est pas ce qui m’intéresse chez cet homme.
C’est surtout sa formidable épopée.
Oui ! Abdallah Djaballah est une légende vivante dans le monde politique.
Et pas seulement algérien. Planétaire.
C’est d’ailleurs bizarre que son nom ne figure pas en meilleure place dans les annales mondiales de la politique et
de l’activité partisane.
Voilà un monsieur qui s’est découvert un jour un don.
Celui de mettre au monde un parti politique.
Et de se le faire prendre sans autre forme de procès par quelqu’un d’autre des mois après cette mise bas.
Depuis qu’il a pris conscience de ce don, qu’il en a mesuré la portée extraordinaire – surtout pour les autres, ceux
qui lui volent les partis qu’il a crées – Abdallah n’arrête pas.
Une vraie pondeuse de partis en attente d’être récupérés par de tierces personnes. Petit tour du propriétaire
exproprié : Abdallah crée son premier mouvement dans les années 80.
Il l’appelle Ennahda. Oui ! Oui ! Je sais, ce n’est pas très original, mais
c’est son bébé à lui. Il l’appelle comme il veut.
En 89, à la faveur de la Constitution Stan Smith, Abdallah transforme Ennahda en parti et lui donne un nouveau nom :
le MRI, le Mouvement de la renaissance islamique. La vie aurait pu être un long fleuve tranquille où aurait gentiment barboté notre intégriste s’il
n’y avait pas eu l’année 1998.
Un certain Lahbib Adami lance un mouvement de redressement (eh oui ! Déjà !) au sein du MRI et le vole à son
créateur.
Touché, mais pas coulé, blessé mais pas mort, Abdallah crée aussitôt ou presque le MRN,
le Mouvement pour la réforme nationale.
Parti plus connu sous l’appellation hallal d’Al Islah. Et c’est là que la légende commence à naître, à grandir et à
gagner les chaumières. Parce qu’un jour de beau soleil, un jour sans nuages, un jour de femmes pas du tout nues et avec autour, des montagnes pas du tout belles (que Ferrat me pardonne
!), Djaballah se fait voler le MRN, Al Islah !
Oui, M’sieur ! Son secrétaire général de l’époque, Djahid Younsi, lui pique le parti. Abdallah accuse Younsi de
félonie, mais n’accuse pas le coup.
Lui, la légende politique du plus grand nombre de partis créés et perdus par effraction partisane, reprend son chemin
de… croix, et crée le FJD. Le Front pour la justice et le développement. Un parti dont le ministère de l’Intérieur vient d’ailleurs d’autoriser la
tenue de son congrès pour ce week-end.
Et bien évidemment, sans discussion aucune, sans suspense, sans aucun doute sur le fait que vous l’avez tous sur les
lèvres, la seule question qui vaille aujourd’hui d’être posée autour de cette épopée et de son héros, c’est celle là : qui va voler le FJD à Djaballah ?
Taratata !
Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L. Le Soir d'Algérie http://www.lesoirdalgerie.com
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