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Par Hakim Laâlam Email : laalamh@yahoo.fr |
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De toi, je sais peu de choses. En fait je ne sais pas grand-chose, sinon celles que délivrent les
encyclopédies. Né à Ianovka, en Russie, un 7 novembre 1879. Et décédé le 21 août 1940 à Mexico. Toute ta vie, tu as lutté pour les
prolétaires.
A ta manière. Celle qui a donné une variante du communisme qui porte d’ailleurs ton nom, le
trotskysme.
Je n’en suis pas. Je n’en tire pas gloire. Je n’en fais pas non plus un
complexe
Mais en même temps, je trouve que ta mémoire a été trop souvent malmenée, bousculée, bafouée, voire
avilie. On a beau ne pas être proche de toi, ce traitement dont tu as sûrement eu à souffrir dans ta tombe même me révolte. Car dans mon pays aussi
ton héritage a subi les affres de la mutilation, voire plus grave, celles du révisionnisme et de la profanation. C’est pour cela, et parce que aussi je ne
suis pas des tiens, que les excuses que je te présente aujourd’hui humblement ne peuvent être mises sur le compte d’un acte militant.
Non ! Il s’agit juste d’humanité.
De cette humanité qui doit empêcher que l’œuvre d’un homme aujourd’hui décédé ne soit travestie,
détournée, pervertie et ridiculisée. Que tu aies eu raison ou tort, tu avais des idées, et tu les as défendues jusqu’au bout de l’exil et de la mort commandée, horrible. Qu’elle soit bonne ou mauvaise, ton inspiration qui t’a fait créer en 1938 la 4e Internationale ne peut pas servir à tort et à
travers de devanture à n’importe quel bonimenteur politique qui s’en réclamerait pour, au final, vendre aux gogos une autre marchandise.
Non ! Les morts, célèbres ou pas méritent le respect. Ils ont droit aussi et surtout au repos éternel,
fussent-ils les chantres d’un matérialisme ne faisant pas très bon voisinage avec le concept de la vie dans l’au-delà.
C’est pour toutes ces raisons, mon Léon, que je t’implore d’accepter mes excuses pour tout le mal qui
t’est fait aujourd’hui. Pour ces crasses noires qui s’écrivent en ton nom et qui se revendiquent de ton parcours. Pardon Léon pour ce tourment que les
hommes, partout dans le monde, t’infligent. Et qu’une femme te fait plus particulièrement subir et endurer ici même, en Algérie. Je fume du thé à ta mémoire torturée et je reste éveillé, le cauchemar continue. |
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