Par Hakim Laâlam
Email : laalamh@yahoo.fr
Déclaration d’Ouyahia : «Un 4e mandat de Bouteflika ne servira pas l’Algérie.»

Parce que les 3 premiers l’ont servie ?

L’anti-dey Ouyahia a prononcé cette phrase devant un parterre de témoins, dont certains descendants collatéraux d’Ottomans : «Les islamistes ne remporteront pas les prochaines législatives, à moins d’un miracle !»

Hum ! Hum ! Je ne voudrais pas passer pour un tordu qui cherche des poux dans la tête chauve d’un janissaire enivré à la baklawa à l’essence de jasmin, mais je tiens tout de même à rappeler à H’mimed que le discours officiel, depuis l’indépendance, a toujours présenté l’Algérie comme une terre de miracles.

Je voudrais aussi lui rappeler cet autre souvenir cuisant. La mine déconfite, ahurie, catastrophée et anéantie de feu Larbi Belkheir obligé d’annoncer d’une voix éteinte la victoire du FIS au premier tour des législatives du 26 décembre 1991.

Apparemment, cet homme, ministre de l’Intérieur, n’avait pas assez cru aux vertus miraculeuses de cette bonne vieille terre d’Al Djazaïr. Jusque-là pragmatique à mort, j’avoue personnellement avoir, depuis, quelque peu atténué mon scepticisme et mon matérialisme acharné, admettant fort volontiers que le miracle a sa place dans le système algérien. Je crois aux miracles. Allah ghaleb, c’est comme ça !

J’y crois, parce que de ne pas y avoir cru il y a deux décennies, j’avais moi aussi, comme Si Larbi et quelques autres, eu à afficher ma tronche d’ahuri en face de mon écran. Chat échaudé… vous connaissez la suite !

Et donc, il n’est plus question pour moi, aujourd’hui, de passer pour le dindon de la farce. J’invite même le patron du RND à se convertir à la religion du miracle. Elle nous prépare à mieux vivre les lendemains de scrutins difficiles et les gueules de bois électorales. Et puis, au-delà du miracle, juste une précision.

Si les islamistes l’emportent, en alliance verte ou en phalanges éparses, pas besoin de nous «biper», nous les «forces démocratiques » pour aller investir les rues du pays et exiger un nouvel arrêt du processus électoral. Cocu une fois, pas deux, n’est-ce pas ? J’en appelle même à la poursuite du processus électoral miracle jusqu’au bout. Jusqu’à ce que mort s’ensuive, s’il le faut.

Personnellement, j’écrirai ici même, le 13 mai, en gros et gras caractères : «Les barbus remportent les législatives.»

Eh ouais ! Y en a un peu marre quelque part que les chars se cachent derrière les civils. Et y en a surtout assez que l’on nous demande de chasser des gens que nous n’avons ni ramenés ni… créés.

Pas de quatrième mandat pour Abdekka ? Je m’en tape un peu !

Des islamistes aux commandes de l’Assemblée ? Je m’en tamponne le coquillard !

Moi, je reste juste aux aguets, au clair de lune.

Je devine déjà que le miracle se profile derrière les nuages qui s’amoncellent.

 Et face à ce genre de miracles, je n’ai hélas que mon thé à fumer pour espérer rester éveillé à ce cauchemar qui continue.

Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 10:57
- Par Michel - Publié dans : Pousse avec eux - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
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