Histoire

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En ce samedi 31 octobre 2009, veille de la « fête des morts », c’est une visite un peu particulière qu’entreprend un groupe d’Epinay-sur-Seine (93). Direction Verdun, dans la Meuse. Au programme : visite du mémorial de Verdun, de la nécropole de Douaumont de 14-18 et dépôt d’une gerbe en hommage aux soldats musulmans. Dans ce groupe figurent des élus de la ville de Saint-Denis, des enfants et des membres de l’association Intégration Musulmane spinassienne(IMS), qui travaille avec la mairie d’Epinay depuis de longues années.

La délégation comprend aussi le capitaine Nourouddine  Abdoulhoussen, qui est très impliqué via son opération "Laissez les servir" de l' Association des Officiers de Réserve de la Seine Saint Denis dans la réhabilitation sociale des personnes en difficulté et délinquante au sein de l'Armée.

La guide détaille le rôle des soldats coloniaux lors des batailles, souvent appelés en renfort car très efficaces au front, et précise leurs particularités au sein du corps militaire français. Certaines de ces particularités sont encore d’actualité au sein de l’armée française : «l'ancre qui est arborée sur de nombreux uniformes de l'armée de Terre est un insigne d'arme, héritage de l'apport des troupes coloniales, c'était le symbole qu'ils arboraient sur leur uniforme et casque» explique le capitaine Abdoulhoussen Nourouddine.

« Il y a aussi des traditions qui perdurent dans certains régiments, poursuit-il. Par exemple le 1er Régiment de spahis (de tradition marocaine et portant même l'étoile chérifaine comme insigne d'arme) a gardé de nombreuses pratiques propres aux populations du Maghreb comme son uniforme traditionnel (calot rouge, gandoura, saroual et burnous). Ou encore le Régiment d'Infanterie Coloniale du Maroc, qui aujourd'hui est devenu le Régiment d'Infanterie Char de Marine. C'est le régiment le plus décoré de France et est intervenu en Côte d'Ivoire et au Kosovo. Sur certains uniformes, on retrouve même un croissant, symbole de l’islam. L’armée n’a aucun complexe avec son passée colonial ! »

« Ces enfants sont musulmans, leurs ancêtres ont donné leur vie pour ce drapeau et il faut qu’ils le sachent. Pour ne plus avoir de Marseillaise sifflée et qu’enfin on avance dans ce pays », se prend d’espoir Norbert Lison, conseiller municipal d’Epinay-sur-Seine aux Anciens combattants, à l’initiative de cette journée.

Nous posant à un autre membre du groupe la question sur l’impact qu’aura cette journée sur les enfants, très jeunes pour certains. Il répond : « Il faudra bien sûr un peu de temps pour qu’ils assimilent tout ça. Mais au moins, dans quelques années, ils pourront se dire "Ok, j’ai vu et je sais maintenant que nos ancêtres ont joué un rôle important dans ce pays". »

Comment, dès lors, appréhender le débat sur l'identité nationale, voulu par le ministre Eric Besson ?

« Franchement, affirme la même personne, ça ne sert à rien de faire un débat de cette manière. Ce n’est pas en disant aux gens de chanter la Marseillaise une fois par an que les choses vont changer. »

Hamdi Bouchakhi, l’un des responsables de l’IMS, pense, lui, que l’islam et la République vont dans le même chemin : « Liberté, égalité, fraternité. Ces trois concepts sont fortement ancrés dans l’islam. La Liberté : tous les individus sont libres de croire ou non à Dieu. L’égalité : l’Arabe et le non Arabe sont égaux, seuls leurs œuvres les différencient. La fraternité : c’est un des éléments qui revient le plus souvent, notamment lorsque dans le Coran est dit "Ô hommes ! Nous vous avons créé d'un mâle et d'une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez". Nous allons dans le même sens ! »

A la fin de la visite, une gerbe a été déposée par le capitaine Nourouddine et les élus de la ville d’Epinay au pied du monument dédié à la mémoire des combattants musulmans. « Il faudra répéter ce genre de journée », propose Abir Ben Cheikh, l’élue à la jeunesse.


Aladine Zaiane (Verdun-Bondy)

Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /2010 09:35
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Samedi 6 mars 2010 6 06 /03 /2010 22:34
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Vendredi 5 mars 2010 5 05 /03 /2010 22:34
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Communauté : Carnets-de-voyages - Recommander
[Le Monde daté du 25 février 2010]

Enfin ! Mardi soir, sur France 5, la télévision française s’est donné les moyens - et le temps - pour raconter l’histoire des musulmans de France. De l’arrivée des premiers Kabyles en 1904 à l’affaire du voile islamique, le pari était a priori risqué : retracer en un peu plus de trois heures, moyennant trois parties distinctes - "Indigènes", "Immigrés", "Français" -, un siècle de présence musulmane. Pari gagné : Musulmans de France, le documentaire de Karim Miské et Emmanuel Blanchard, est en tout point réussi. S’il ne l’a déjà vu, Eric Besson aurait tout intérêt à se procurer le DVD qui sortira le 11 mars.

Impossible bien sûr pour les deux réalisateurs de rentrer dans tous les détails d’une pareille histoire. Et en particulier de retracer ce que fut le drame des harkis.

Un drame longtemps occulté, enfoui dans la mémoire collective, en dépit de quelques manifestations de colères et grèves de la faim. Le 10 septembre 2001, dans un article publié par Libération, Michel Tubiana, alors président de la Ligue des droits de l’homme, dénonça ce silence : "La République a commis en 1962, en Algérie, un crime d’Etat. En laissant en Algérie les supplétifs algériens qu’il avait employés, le gouvernement français les a sciemment exposés aux massacres qui ont été commis."  Il ajouta : "Une double justice doit être rendue aux harkis : reconnaître le crime d’Etat dont ils ont été victimes et la discrimination dont ils sont encore aujourd’hui l’objet." Le 31 mars 2007, le candidat Nicolas Sarkozy prit un engagement solennel : "Si je suis élu, je veux reconnaître officiellement la responsabilité de la France dans l’abandon et le massacre de harkis et d’autres milliers de "musulmans français" qui lui avaient fait confiance, afin que l’oubli ne les assassine pas une seconde fois."

L’oubli, un mal que les harkis connaissent mieux que personne.

Dans Des vies, 62 enfants de harkis racontent (éditions de L’Atelier), un ouvrage dirigé par Fatima Besnaci-Lancou et préfacé par Boris Cyrulnik, des hommes et des femmes disent avec dignité et modestie ce que fut l’histoire de leur famille, ces années passées dans des camps, ces blessures que personne ne voulait ni voir ni entendre, la France indifférente au sort de celles et ceux qui avaient décidé de lui faire confiance et de se battre pour elle. Bouleversants de simplicité, ces témoignages, et les photos qui les accompagnent, disent aussi que le temps a fini par passer, faisant place à une sérénité nouvelle.

Né en 1965, Abdel Oihabe Boumaraf est kinésithérapeute-ostéopathe : "Je suis français, né à Château-Renault. Je suis patriote, mais pas nationaliste. Je suis fier de ma culture tourangelle, fier d’être français et fier de mes origines berbères. La France, c’est ma moitié." Une belle réponse à l’apostrophe de Boris Cyrulnik : "Qu’est-ce que vous avez fait de ce qu’on a fait de vous ?"

Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /2010 16:05
- Par Michel - Publié dans : Histoire - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
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